Microsoft veut se faire une place sur le marché de la VOD en France : il vient de signer avec Paramount pour renforcer son offre de films sur Xbox.
LCI.fr : Vous comptez donner une nouvelle impulsion à votre service de vidéo à la demande sur le Xbox Live, avec quelles nouveautés?
Robin Truchy, directeur du Xbox Live de Microsoft en Europe : Dès mardi, nous proposerons dans notre boutique vidéo un nombre quasi-illimité de nouveaux films avec les studios déjà partenaires et, pour la première fois, afin d’élargir encore plus notre offre, nos clients auront accès au catalogue de Paramount.
Alex Carloss, vice-président exécutif de Paramount : Nous allons sortir nos dernières nouveautés sur le service. Pour vous donner une idée, ce seront des films d’action comme Shooter : Tireur d’élite avec Mark Whalberg ou des drames comme Un cœur invaincu dans lequel Angelina Jolie incarne la femme du journaliste Daniel Pearl. Notre fond de catalogue sera également disponible avec des classiques comme les Incorruptibles, Zoolander, ou encore les huit films de la série Star Trek. Juste avant que le neuvième opus ne sorte au cinéma…
LCI.fr : Comptez-vous proposer l’intégralité de votre catalogue ou procéderez-vous à une sélection?
A. C. : Microsoft regarde notre offre de films et fait « son marché » pour l’adapter à son public. Il se trouve que beaucoup de nos titres, des comédies comme Jackass ou des films de science-fiction, sont particulièrement appréciés par les joueurs. Mais nous proposons aussi des films pour toute la famille.
R. T. : Nous avons en effet deux types de publics. Celui que nous avions déjà – « des gamers » entre 15 et 25 ans – et un autre, plus familial, que nous sommes en train de conquérir en ciblant aussi les femmes et les enfants. Le meilleur exemple, c’est que le film numéro un en France sur le service est actuellement Arthur et les Minimoys. Taxi 4, Batman et Harry Potter marchent aussi très fort ainsi que 300, pour un public plus adulte.
LCI.fr : Envisagez-vous de proposer bientôt des séries, comme aux Etats-Unis?
R. T. : Nous nous portons très bien aux Etats-Unis sur ce marché donc nous y réfléchissons mais rien n’a encore été annoncé.
LCI.fr : Vos prix sont en revanche encore plus chers que dans les vidéos clubs qui proposent maintenant des forfaits « discount ». Allez-vous les baisser prochainement?
R. T. : Je ne suis pas sûr que ce soit plus cher qu’un vidéo club car nous regardons attentivement les prix dans chaque pays, en comparant surtout avec nos concurrents sur le marché de la VOD. Pour le fond de catalogue, nos films coûtent 3 euros en définition standard, pour les nouveautés, le prix est de 4 euros 30, avec un supplément de 50% pour la haute définition.
LCI.fr : Vous parlez de la concurrence : en France, vous avez fort à faire avec des fournisseurs d’accès à Internet performants sur ce secteur – comme Free, Orange ou Neuf – ainsi que des chaînes de télévision – TF1, Canal + – déjà bien implantées….
R. T. : C’est vrai que nos concurrents sont très forts ici mais nous avons un atout : le choix, et la haute définition sur la moitié des films. Notre principal avantage, c’est que le service s’intègre à un ensemble de loisirs : des jeux d’arcade en ligne, des jeux sur support physique, des clips… le tout dans une interface très simple. Les joueurs peuvent payer leurs achats en Points Microsoft – qui ont un équivalent en euro – grâce à des cartes achetées en magasin.
LCI.fr : Des joueurs souhaitent pouvoir regarder les films en version originale. Songez-vous à leur proposer la V. O. ?
R. T. : Pour l’instant nous offrons uniquement des films doublés en français mais nous réfléchissons à des films en langue originale sous-titrée. Cela intéresse surtout nos clients dans les grandes villes, comme Paris.
LCI.fr : Allez-vous lancer un service illimité de location de films dans le cadre d’un abonnement mensuel comme peuvent le faire certains fournisseurs d’accès en France?
R. T. : Nous restons pour l’instant sur la location mais nous nous intéresserons peut être à l’avenir à d’autres modèles.
A. C. : Chez Paramount, nous avons une stratégie de distribution sur des modèles très variés : l’achat, la location, l’abonnement, et même le financement par la publicité. Nous croyons à tous ces marchés et nous expérimentons même ce type d’abonnement illimité aux Etats-Unis, avec un autre partenaire.
LCI.fr : La France est-elle mûre pour ce type de services en ligne : films et jeux à télécharger?
R. T. : Elle est même très forte! D’abord, de part la remarquable pénétration du haut débit, ensuite parce que les internautes, particulièrement les jeunes, sont très à l’aise avec le téléchargement de films et pas toujours pour de bonnes raisons, si vous voyez ce que je veux dire (rires). (NDLR : une allusion au piratage élevé dans l’Hexagone).
LCI.fr : Le Xbox Live a connu des problèmes de réseau à la fin de l’an dernier. Que s’est-il passé?
R. T. : Le succès du service après Noël a été tel que nos serveurs ont vu doubler le nombre de connexions, ce que nous n’avions pas prévu. Nous avons réagi très vite et nous avons offert – via un code – un jeu d’arcade à tous les membres pour nous excuser.
LCI.fr : Aux Etats-Unis, des adultes mal intentionnés auraient utilisé le service Xbox Live pour contacter de jeunes joueurs et leur demander des photos personnelles. Pouvez-vous les en empêcher?
R. T. : Je ne suis pas au courant donc je ne commenterai pas ce cas particulier. Je peux en revanche vous dire que les parents ont un système de contrôle très performant pour protéger leurs enfants. Ils peuvent empêcher les échanges de photos, contrôler le contenu téléchargé et même activer ou désactiver la possibilité d’aller en ligne, de chatter. Même la durée de jeu autorisée est paramétrable pour éviter les excès.
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